
Les enfants de 6 mois à 4 ans sont encore en phase d’éveil et possèdent un regard différent sur le monde qui les entoure.
Leur épanouissement doit passer par plusieurs phases d’approche, de découverte et d’apprentissage. Manipuler un objet, le saisir, le mordre, le lâcher, le tout attisant leur curiosité. Ils découvrent que tous les objets qui les entourent ont des touchés différents : doux, rigide, souple…
Les enfants restent aussi très attentifs aux sons environnants. La musique est un événement magique pour eux et leurs yeux s’illuminent en présence d’un instrument ou d’une chanson.
Pour beaucoup de parents, Il est difficile pour les enfants de participer à un spectacle vivant et surtout, de le comprendre…
…Détrompez-vous, Philippe Foch a réussi à allier « éveil des enfants » et « spectacles vivants » en créant le spectacle Kernel.
Philippe a créé un spectacle s’adressant à cette tranche d’âge (de 6 mois à 4 ans), un travail autour des sonorités et de la parole, grâce aux mélanges de divers instruments atypiques (tablas, bendir, cloche, gong, grelots…).
Le spectacle se déroule en deux parties, une partie musicale, à la découverte des sons, et une partie axée autour de l’expression orale et de l’interaction avec les enfants.
Pendant 20 minutes, les enfants sont attentifs aux sons, aux bruits, aux intonations et à la fin, ils sentent qu’ils peuvent participer avec le musicien, en essayant de communiquer avec lui, en se rapprochant des instruments. Ils touchent les instruments, certains testent des sons ou d’autres restent fascinés par Philippe et cherchent à communiquer avec lui.
Une véritable harmonie se crée entre ce « petit » public et Philippe.
Je vous laisse découvrir ce musicien qui a réussi le pari d’associer art vivant et petite enfance.
Pouvez-vous vous présenter ?
Je m’appelle Philippe Foch, je suis musicien et percussionniste. Depuis 25-30 ans, je suis dans le monde de la musique, du théâtre, de l’expression humaine. C’est la troisième fois que je viens à l’Estive, je connais bien Michel Pintenet qui depuis 20 ans, suit mon travail.
Quand il était à La Maroquinerie, à Paris, il a découvert mes premiers balbutiements comme Les Amants de Juliette avec Benoit Delbecq et Serge Adam. Michel est une personne qui a, à la fois, un vécu dans le monde de la musique et du théâtre.
Depuis 25 ans, je travaille également avec la Compagnie l’Entreprise. Je suis venue ici avec Catherine Germain pour Le Concert et j’ai réalisé la musique d’une Ile.
Je suis revenu en 2008 avec Jean Marc Zelwer avec le spectacle Sahrigamahp. Nous avons fait une belle tournée dans les villages et vallées ariégeois.
Je suis content de suivre le fil de cette aventure à l’Estive.
Comment est né le projet Kernel ? Comment a surgit cette idée de travailler avec cette tranche d’âge ?
J’avais envie de travailler sur la naissance du son, sur quelque chose d’extrêmement zen et sur la texture, faire évoluer un son.
J’ai commencé un travail avec Brigitte Lallier-Maisonneuve au sein d’une structure à Saint-Nazaire, Athenor. Une structure qui crée à la fois des chantiers de recherche artistique et à la fois des productions. Athenor travaille dans le monde de la musique improvisé, contemporaine…
Brigitte Lallier-Maisonneuve a une expérience inouïe avec la petite enfance et elle m’a proposé de faire cette création. Elle m’a donc conseillée, orientée pour trouver le chemin de ce spectacle.
On l’a appelé Kernel, qui veut dire « Noyau » en anglais.
Comment se travaille le rapprochement avec les enfants à la fin du spectacle ?
C’était une envie pour moi de franchir les étapes naturelles de l’expression, partir dans l’air, dans l’harmonie, dans le rythme et suivre les étapes les unes après les autres, le souffle et la voix.
La voix est avant les mots, elle représente l’étape dans laquelle se trouve le langage de ces enfants entre 6 mois et 4 ans. Je m’inspire d’eux. A la fin, j’improvise, sans mes instruments, avec les sons qui se dégagent de la salle. Les enfants s’aperçoivent que l’espace est ouvert. J’interagis avec le son, une relation se crée entre nous qui est véhiculé par l’écoute.
Que vous apporte cette expérience au contact des enfants ?
Je retombe dans un endroit en moi qui n’est pas toujours facile à retrouver. C’est un endroit où on est à l’origine des choses, que l’on réalise le plus simplement possible pour laisser la matière invisible transpirer.
Les enfants jusqu’à 4 ans t’amènent dans cet endroit là , où l’abstraction est présente, naturelle. Pas besoin de raconter une histoire, on est dans le son pur.
Quelle est votre actualité en dehors de la pièce Kernel ?
J’ai un album qui va sortir cette année, Fugit, sous le label Signature de Radio France. Un solo avec 17 tablas, un mariage de la mélodie et de l’harmonie.
J’ai le spectacle Jardin avec Philippe Le Goff. Pour celui-ci, je travaille avec des matériaux bruts, du végétal, du métal, des cailloux, des branchages, du bois… Mon travail est retranscrit sur 6 haut-parleurs, c’est une histoire de 45 minutes autour du son. C’est Kernel en version macroscopique.
Je travaille également avec une danseuse nigériane. Elle a commencé un solo et elle m’a invité à partager sa création. Je réalise quelques interventions musicales.
Enfin, j’ai un autre disque qui va sortir avec un trompettiste, Nicolas Genest, sur lequel on retrouvera Vincent Segal et Magic Malik comme invités.
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