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Un village en bout de route, Lordat, situé à 900 mètres d’altitude dans une vallée ariégeoise.
Un château, domine le village les maisons et les habitants, la trentaine d’oiseaux de proie vivant là : aigles, buses et faucons veillent sur les lordatois. Grâce à leur vue perçante, ils scrutent les environs et les moindres faits et gestes de la population. Ils vont assister à un manifestation inhabituelle.
Un homme, Philippe Forcioli, écrivain et musicien, qui possède le don et l’art de conter une histoire en captant l’attention de son public, est venu au cÅ“ur de Lordat pour lire divers textes de Jean Giono. Une quarantaine d’habitants ont participé à cette lecture, certains ont pu découvrir l’œuvre de l’auteur ou se la remémorer.
A la fin de la soirée, fort du succès de cette lecture, les habitants furent invités à la pièce Au bout de la route, de Jean Giono mis en scène par François Rancillac qui allait se jouer sur la scène de l’Estive. Les lordatois furent enthousiastes et sous le charme de ce moment fort, ils se donnèrent rendez-vous le 22 mars pour un voyage d’un bout de la route à un autre.
Mardi soir dernier, à Lordat, un bus attendait une trentaine d’habitants
pour les emmener jusqu’à l’Estive. Les oiseaux, perchés du haut de la tour, assistèrent impuissants au départ de leurs protégés. Ils restèrent, là , à défendre le village fortifié, tout en espérant un retour des leurs hôtes.
Une heure plus tard, les voilà arrivés devant l’Estive. Les sourires sur les visages traduisaient leur joie de tous se retrouver pour ce moment si particulier, si précieux… Un verre de bienvenue les attendait et ils ont pu profiter du vernissage de l’exposition de Geneviève Lagarde avant la représentation.
Le maire et deux autres habitants ont accepté de répondre à mes questions. La lecture des textes de Giono fût « très appréciée, ceux qui étaient dans la salle se sont régalés » résume le maire, pour un habitant qui n’a pas pu s’y rendre et il l’a regretté parce que « sa femme a trouvé cela très bien. C’est bien de nous avoir proposé ça, c’est un plaisir. » Ce qui a le plus marqué le maire est « la façon dont Philippe Forcioli raconte. Les textes sont vraiment prenants, si nous n’avons pas envie d’écouter nous sommes obligés de rentrer dans l’histoire ».
A la question de savoir si les habitants attendent qu’un inconnu vienne animer le village, ils m’ont répondu « qu’il l’avait déjà ou plutôt qu’ils les ont déjà , les anciens, ce sont eux qui font vivre le village en nous contant pleins d’histoires, des légendes pour les transmettre de générations en générations… ».
Enfin, pour le maire, ce moment montre que l’on n’oubli pas les petits
villages.
